Le reporter vu par Einstein

"Einstein 1999" de Bernard Pras

Un beau matin un reporter vient te trouver et te demande aimablement de lui dire quelque chose sur ton ami X…Au moment tu éprouves quelques irritation devant une pareille prétention; mais tu t’aperçois bien vite qu’il n’y a aucun moyen de l’esquiver. Car si tu refuses de donner l’enseignement, le reporter écrira: « j’ai demandé à quelqu’un qui passe pour le meilleur ami de X… de me parler de lui; mais celui-ci s’est prudemment récusé. Au lecteur de tirer lui-même les conclusions inévitables.» Il n’y a donc pas moyen d’éluder la réponse et tu donnes le renseignement suivant: M. X… est un caractère gai et franc, aimé de tous ses amis, il sait prendre le bon côté de chaque situation. Il est extrêmement actif et entreprenant, toute sa puissance au travail est absorbée par sa profession. Il aime sa famille et met à la disposition de sa femme tout ce qu’il possède.

Le reporter écrit: M. X… ne prend rien au sérieux et a le don de savoir se faire aimer du grand public, d’autant plus qu’il est toujours d’un naturel souriant et égrillard. Il est à tel point l’esclave de sa profession qu’il ne lui arrive jamais de réfléchir à des questions qui ne le lui sont pas personnelles ou de se livrer à quelque occupation intellectuelle étrangère à sa profession. Il gâte sa femme sans mesure et satisfait, en serviteur aveugle, à tous ses désirs…

Un véritable reporter mettait encore plus piment; mais pour toi et ton ami X…c’est probablement suffisant. Le lendemain matin, X…lit les ligne précédentes et celles qui les suivent et, quels que soient son bon cœur et son enjouement, son courroux envers toi ne connaît pas de bornes. L’offense qui lui est faite t’affecte profondément en raison de ton penchant pour lui. Eh bien que fais-tu, mon cher, dans ce cas? Si tu l’as trouvé, communique-le moi tout de suite, afin que je puisse rapidement copier ta méthode.

Albert Einstein


Publicités

Un commentaire sur “Le reporter vu par Einstein

  1. Le reporter vu par John Swaiton

    » La presse libre n’existe pas.

    Vous, chers amis, le savez bien, moi je le sais aussi. Aucun de vous n’oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent.

    Nous sommes les outils et les laquais des puissances financières derrière nous. Nous ne sommes rien d’autre que des intellectuels prostitués « .

    John Swaiton, l’éditeur du New York Times, lors de son discours d’adieu.

    Salut.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s