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L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kandura

Que faut-il choisir, légèreté ou pesanteur? Cette dialectique entre deux attitudes antagonistes face à la vie est mise en fiction à travers l’histoire d’un couple: Thomas est un séducteur invétéré, Teresa, sa femme, ressent le poids du passé et de sa jalousie…

« Le plus lourd fardeau nous écrase, nous fait ployer sous lui, nous presse contre le sol. Mais dans la poésie amoureuse de tous les siècles, la femme désire recevoir le fardeau du corps mâle. Le plus lourd fardeau est donc en même temps l’image du plus intense accomplissement vital. Plus lourd est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle et vraie. »

« L’absence totale de fardeau fait que l’être humain devient plus léger que l’air, qu’il n’est plus qu’à moitié réel et que ses mouvements sont aussi libres qu’insignifiants. »

« C’était vrai qu’il s’aimaient, et c’était la preuve que la faute ne venait pas d’eux-mêmes, de leur comportement ou de leur incompatibilité parce qu’il était fort et qu’elle était faible. »

« Sept ans plus tôt, un cas difficile de méningite s’était déclaré par hasard à l’hôpital de la ville où habitait Teresa, et le chef de service où travaillais Thomas avait été appelé d’urgence en consultation. Mais, par hasard, le chef de service avait une sciatique, il ne pouvait pas bouger, et il avait envoyé Thomas à sa place sans cet hôpital de province. Il y avait cinq hôtels dans la ville, mais Thomas était descendu par hasard dans celui où travaillait Teresa. Par hasard, il avait un moment à perdre avant le départ du train et il était allé s’assoir dans la brasserie. Tereza était de service par hasard et servait par hasard la table de Thomas. Il avait donc fallu une série de six hasards pour pousser Thomas jusqu’à Tereza, comme si, laissé à lui-même, rien ne l’y eût conduit »

« L’amour est un combat. Je me battrai longtemps. Jusqu’au bout. »

« L’amour commence au moment où une femme s’inscrit avec une de ses paroles dans notre mémoire poétique. »

« Celui qui veut continuellement s’élever doit s’attendre à avoir un jour le vertige. Qu’est ce que le vertige? La peur de tomber? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d’un solide garde-fou? Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. »

« L’homme guidé par le sens de la beauté, transforme l’événement fortuit en un motif qui va ensuite s’inscrire dans la partition de sa vie. Il y reviendra, le développera comme fait le compositeur avec le thème de sa sonate… L’homme, à son insu, compose sa vie d’après les lois de la beauté jusque dans les instants du plus profond désespoir. »

« Si chaque seconde de notre vie doit se répéter un nombre infinis de fois, nous sommes cloués à l’éternité comme Jésus-Christ à la croix. Cette idée est atroce. Dans le monde de l’éternel retour, chaque geste porte le poids d’une insoutenable responsabilité. C’est ce qui faisait dire à Nietzsche que l’idée de l’éternel retour est le plus lourd fardeau. »

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