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Jiddu Krishnamurti – La flamme de l’attention

Krishnamurti était particulièrement attaché à démonter les mécanismes ô combien multiples et tortueux de notre mental. La flamme est le feu, moteur de la vie sociale, elle est aussi le symbole de l’éveil, allumez une bougie et fixer sa flamme vous n’aurez plus tellement envie de dormir. Et l’attention qu’est-ce d’autre que notre faculté à être vigilant pour se diriger vers l’Éveil. L’amour et l’intelligence n’ont pas de cause, ils sont lumière. Les idées sont le fruit du savoir emmagasiné dans le cerveau. Elles découlent d’un processus matériel et sont toujours limitées et soumises à la loi des causes et des effets, elles n’ont aucune prise holistique sur le réel. Lorsque la véritable nature de l’activité mentale dans le psychisme est clairement observée et comprise, le processus de la pensée cesse d’être prédominant. Une telle compréhension est pure intelligence, libre de toute causalité, c’est la voie d’un changement radical de la condition humaine…

« La beauté est un des délices de la vérité. Quand vous donnez un jouet à un enfant qui a été bavard, dissipé, qui a joué, crié, quand vous donnez un jouet compliqué à cet enfant, il s’absorbe totalement dans ce jouet, il devient très calme, trouvant du plaisir dans son mécanisme. L’enfant devient complètement concentré, complètement absorbé par ce jouet. Toute l’agitation a été résorbée. Et nous aussi, nous avons des jouets, les jouets de l’idéal et des croyances qui nous absorbent. Si vous adorez une image parmi toutes les images de la terre, aucune n’est sacrée, elles sont toutes faites par l’esprit de l’homme, par sa pensée alors nous sommes absorbés, comme un enfant est absorbé par un jouet et nous devenons extraordinairement calme et doux. Quand nous voyons une montagne merveilleuse, couronnée de neige sur un ciel bleu et les vallées profondes qui sont dans l’ombre, leur grande splendeur et leur grande majesté nous absorbent complètement; pendant un moment, nous sommes complètement silencieux car leur majesté nous envahit, nous nous oublions. La beauté est là où vous n’êtes pas. L’essence de la beauté, c’est l’absence de « moi « . L’essence de la méditation, c’est d’explorer le renoncement au moi. »

« Je me demande si vous aimez. Aimez-vous? Votre femme, vos enfants, ce que l’on appelle votre pays? Aimez-vous la terre, la beauté d’un arbre, la beauté d’une personne?  Ou bien êtes-vous si terriblement centré sur vous-même que vous n’avez aucune perception de quoi que ce soit. L’amour apporte la compassion. La compassion ne s’occupe pas d’assistance sociale. La compassion a sa propre intelligence. Mais, vous ne connaissez rien à tout cela. Tout ce que vous connaissez ce sont vos désirs, vos ambitions, vos déceptions, votre malhonnêteté. Quand on vous pose des questions très profondes, qui vous remuent, vous devenez négligent. Quand je vous pose une question comme celle-là: « aimez-vous quelqu’un? » vos visages sont vides. Et c’est le résultat de votre religion, de votre dévotion à vos gourous absurdes, de votre attachement envers vos dirigeants ce n’est pas de l’attachement, vous avez peur et par conséquent vous suivez. Après tous ces millénaires, vous êtes ce que vous êtes maintenant, pensez à cette tragédie! C’est votre tragédie, vous comprenez? Donc demandez-vous, si l’on peut vous le suggérer, en marchant avec vous sur ce chemin, comme un ami: « Savez-vous ce que signifie l’amour? » L’amour qui ne demande rien à un autre. Posez-vous la question. Il ne demande rien à votre femme, à votre mari rien n’est demandé à un autre, ni physiquement, ni émotionnellement, ni intellectuellement. Ne pas suivre un autre, ne pas avoir de concept et suivre ce concept. Car l’amour n’est pas la jalousie, l’amour n’a aucun pouvoir, dans le sens courant de ce mot. L’amour ne recherche pas une position sociale, prestige, du pouvoir. Mais il a sa propre capacité, sa propre habileté et sa propre intelligence. »

« Là où il a du conformisme, de l’obéissance et de l’imitation, il n’y a jamais d’apprentissage, on ne fait que suivre. La discipline implique l’apprentissage, apprendre sur l’esprit très complexe que l’on a, sur notre vie quotidienne, apprendre sur les relations avec les autres, de sorte que l’esprit soit toujours souple, actif. »

 » On est le passé, le présent et également le futur. On est le résultat du passé, un millier d’années et plus. On est aussi le présent avec ses impressions, ses conditions sociales actuelles, son climat actuel, on est tout cela et aussi le futur. On est le passé, modifié dans le présent et poursuivi dans le futur; c’est le temps intérieur. Il y a aussi le temps extérieur, le temps de la montre, le temps du lever et du coucher du soleil, de la succession du matin, de l’après-midi et du soir. Cela prend du temps extérieur d’apprendre une langue, d’apprendre la technique nécessaire pour conduire une voiture, pour devenir un menuisier, un ingénieur ou même un homme politique. Il y a un temps extérieur, celui qui est nécessaire pour parcourir la distance qui va d’ici à là et il y a également un temps qui prend la forme de l’espoir, c’est le temps intérieur. On souhaite devenir non-violent ce qui est absurde. On souhaite obtenir ou éviter la douleur ou la punition, on espère avoir une récompense. Donc, il n’y a pas seulement le temps extérieur, physique, mais il y a aussi le temps intérieur, psychologique. On n’est pas ceci, mais on deviendra cela; ce qui signifie le temps. »

« A quoi avons-nous réduit ce monde! C’est un monde si beau, avec ses ravissantes collines, ses montagnes merveilleuses et ses formidables rivières. Après trois mille ans de souffrance humaine, de lutte entre les hommes, d’obéissance, de soumission, d’entre-déchirement, voilà à quoi nous l’avons réduit: une masse confuse d’êtres sauvages et irréfléchis qui ne prennent pas soin de la terre, ni de ses splendeurs, ni de la beauté d’un lac, d’une mare ou de la rivière rapide et bondissante;personne ne semble s’en soucier. Nous ne nous intéressons qu’à nos petits moi, nos petits problèmes et ceci après trois ou cinq mille ans de prétendue culture. »
La Flamme De L’Attention [9782020258807] – 80,00Dhs : LivreMoi.ma, Votre Librairie au Maroc.

Virgil Gheotghiu, Les mendiants de miracles| Plon| 1967| ISBN 21971 | 251 pages |

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