Le point de jonction, de Francis Ryck

Dans un climat d’angoisse croissante et un décor de solitude et de tempête, ce roman nous plonge dans un climat parallèle, une perpétuelle incertitude à la frontière du métaphasique et du parapsychologique.

« Tout foutait le camp, s’engouffrait dans le passé à une vitesse vertigineuse. Parfois, Peter ne percevait plus que ça, le temps qui se dévidait, se dévorait lui-même, les choses se changeaient en impressions, se casaient dans la mémoire, disparaissaient. Il ne restait rien. À peine le temps de prendre conscience, sauf quand il était juché comme un idiot sur son coussin. Là, le temps freinait, s’arrêtait.  Il se remit sur ses pieds, bâilla. Vivre comme un idiot, le secret était peut-être là. Déconner, faire n’importe quoi, ne plus rien prendre au sérieux, se foudre de tout, de la mort, de la souffrance, de toute cette merde. Humble. Inexistant. . Pas possible à deux. À deux, il faut toujours faire quelque chose, surtout parce qu’on ne sait jamais qui est vraiment l’autre, s’il ne fait pas semblant. Se choisir, continuer, c’est encore faire quelque chose. Impossible d’échapper au courant, à la meute, alourdi par l’amour, l’habitude, tout ce qu’on veut. On a encore peur de faire du mal, on croit à la vérité de ce truc. »

« La raison quotidienne bondit comme un fauve. Elle est toujours là, solidement ancrée. Toutes ces élucubrations intéresseraient un psychiatre : toute cette soi-disant logique de dingue, comment s’appelait le personnage de Gogol, dans Le Journal d’un fou ? Ton discours est exactement le même, avec les mêmes relations extravagantes entre les événements, les mêmes évidences confuses. Elle ne lâche pas prise facilement la raison, elle est tellement convaincante. C’est elle qui a  crée ce monde. Et reposante, par-dessus tout. Nous replongeant dans la douce torpeur, les certitudes somnolentes. La putain de paresse, l’inertie. »

 » Alors que les hordes des hostiles prolifèrent, prenant tout leur plaisir à frapper au hasard, aussi bien les autochtones que les étrangers. Ce sont les démons de la raison et des discours. Ils s’emploient à tenir les habitants de ce monde rivés à leur illusion, à les convaincre de la beauté de cette terre, et de toutes les possibilités de la transformer en véritables paradis. On a besoin du plus grand nombre pour la réalisation du cauchemar. La souffrance produit l’énergie la plus précieuse, utilisée pour la survie et le confort d’autres plans directeurs. On n’apprend pas ces choses, on ne va les chercher nulle part. seule une certaine forme de vie chaotique et hasardeuse leur permet d’éclore dans la conscience, de se frayer un chemin dans le rêve, comme des parasites. On n’en acquiert jamais la certitude, pas plus que de quoi que ce se soit sur ce plan obscur. On ne sait même pas si cette lucidité n’est pas voulue par les maîtres des plans directeurs. Eux-mêmes soumis à d’autres supérieurs, à l’infini. »

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