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Ubu d’Alfred Jarry

juin 9, 2010 5 commentaires

Dénonciation de l’éternelle imbécillité humaine, de l’éternelle luxure, de l’éternelle goinfrerie, de la bassesse de l’instinct érigé en tyrannie, des pudeurs, des vertus, du patriotisme et de l’idéal des gens qui ont bien dîné…, l’œuvre d’Alfred Jarry, qui se confond avec les différentes manifestations de son « père Ubu » est un mélange d’humour, de dérision, de cocasserie, de bouffonnerie, d’insolite et de révolte…

« Le Père Ubu, a eu la coquetterie de se faire examiner par tous les médecins. Il n’a aucune tare, ni a au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines! Il est épuisé simplement…Et aucun régime humain, si fidèlement qu’il les suive, n’y fera rien. Sa fièvre est peut-être que son coeur essaye de le sauver en faisant du 150. Aucun être humain n’a tenu jusque-là. Il est depuis deux jours l’extrême-oint du Seigneur et, tel l’éléphant sans trompe de Kipling, plein d’une insatiable curiosité. Il va rentrer un peu plus en arrière dans la nuit des temps. Comme il avait son revolver dans sa poche-à-cul, il s’est fait mettre au cou une chaîne d’or, uniquement parce que ce métal est inoxydable et durera autant que ses os, avec des médailles auxquelles il croit, s’il doit rencontrer des démons. Ça l’amuse autant que des poissons. »

 » -Bordure: Prenez garde, Père Ubu. Depuis cinq jours que vous êtes roi, vous avez commis plus de meurtres qu’il n’en faudrait pour damner tous les saints du Paradis. Le sang du roi et des nobles crie vengeance et ses cris seront entendus.
-Père Ubu: Eh! mon bel ami, vous avez la langue fort bien pendue. Je ne doute pas que si vous vous échappiez il en pourrait résulter des complications, mais je ne crois pas que les casemates de Thorn aient jamais lâché quelqu’un des honnêtes garçons qu’on leur avait confiés. C’est pourquoi, bonne nuit, et je vous invite à dormir sur les deux oreilles, bien que les rats dansent ici une sarabande. »

« Père Ubu: Oh bien alors, en avant les Nobles, et comme je ne finirai pas de m’enrichir, je vais faire exécuter tous les Nobles et ainsi j’aurai tous les biens vacants. Allez, passez les Nobles dans la trappe. Dépêchez-vous plus vite, je veux faire des lois maintenant. »

« Père Ubu: Ah! Oh! Je suis blessé, je suis troué, je suis perforé, je suis administré, je suis enterré. Oh! mais tout de même! »

« -Père Ubu: Elle a des griffes partout, on ne sait pas où la prendre.
-Mère Ubu: Il faut la prendre par la douceur, sire Ubu, et si vous la prenez ainsi vous verrez qu’elle est au moins l’égale de la Vénus de Capoue.
-Père Ubu: Qui dites vous poux? »

« Soudain, je me sens tirer la manche par mon épouse: Espèce d’andouille qu’elle me dit, voilà le moment de te montrer:Flanque-lui par la gueule un bon gros paquet de bouse, voilà le Palotin qu’a juste le dos tourné.- En entendant ce raisonnement superbe, j’attrape sur le coup mon courage à deux mains: je flanque au Rentier une gigantesque merde qui s’aplatit sur le nez du Palotin…Voyez, voyez la machine tourner, la cervelle sauter, les Rentiers trembler. »

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