Les « amis » des peuples d’Edward Moha

En automne 1990, une compagne d’envergure est orchestrée contre le Maroc. A la suite de la publication du livre de Gilles Perrault connu pour ses sympathies communistes, toutes sortes d’organisations et de personnalités se mobilisent. Edouard Moha dénonce l’imposture de cette compagne. Mais son livre va plus loin, il analyse méthodiquement le mécanisme d’une nouvelle subversion qui, sous le masque de l’ingérence humanitaire, a annexé la cause des Droits de l’homme au profit de ses visées idéologiques. Qui sont les nouveaux donneurs de leçons qui prétendent seuls juger du bien et du mal? De quels appuis bénéficient-ils? Quels objectifs poursuivent-ils et pourquoi? Edouard Moha répond à toutes ses questions et dresse un tableau sans complaisance des prétendus « amis des peuples » qui ne sont que des charlatons.

« Je suis un Marocain. Enfant de ce peuple, j’ai grandi guidé par les principes de justice, de droiture et de fidélité qu’incarne la fière devise de notre pays: Pour Dieu, la Patrie et le Roi. J’ai consenti les mêmes sacrifices que tous les Marocains dignes de ce nom, conscient que le devoir de chacun est de lutter pour l’unité nationale, déjouer les mauvais coups, maintenir la patrie et son image sans tache. La vie d’une nation est un défi toujours renouvelé. Rien n’a été donné au Maroc, rien ne lui a été épargné. Ce n’est qu’au prix d’une volonté inaltérable qu’il a surmonté les épreuves, assuré son indépendance, trouvé la place qui lui revient au Maghreb, au sein de la nation arabe et sur la scène internationale. Mais chaque Marocain sait également que rien n’aurait été possible si les efforts du peuple n’avaient été coordonnés et réunis sous la bannière du Commandeurs des Croyants. Après Mohammed V, le libérateur, le roi Hassan II a relevé le défi de l’unification, de la modernisation, de la poursuite dans la marche vers le progrès. La monarchie incarne la cohésion du peuple marocain au-delà de ses divergences et des autres considérations partisanes ou idéologiques. Ce principe auquel tous les Marocains adhèrent ne s’est jamais démenti depuis quatorze siècles, car le lien multi-séculaire entre le trône et la nation est à la fois d’essence religieuse et politique. Il revêt un caractère sacré et national. Il fait partie de l’identité du Maroc. Loin d’être la survivance d’un quelconque passéisme ou d’un féodalisme, il est, au contraire, ancré dans les profondeurs du peuple comme d’expression de la spécificité marocaine. Pas plus que les Anglais imagineraient leur pays sans la présence bienfaisante de la monarchie, les Marocains ne le conçoivent sans le rôle bénéfique de la dynastie alaouite. La monarchie est l’élan commun du roi et du peuple vers l’avenir fidèle au passé. C’est ce qu’affirme Hassan II dans le Défi: « Chez nous, la monarchie, née du peuple, y reste profondément enracinée. Il s’agit d’une nécessité. Toute notre histoire crie cette vérité: sans une monarchie populaire, le Maroc n’existerait plus. »
C’est bien pour cela que certains s’emploient, de l’étranger, à saper les fondements de la royauté. Utilisant les prétextes les plus misérables et les méthode les plus viles, ils peuvent, peut-être, duper l’opinion française ou européenne, mais ils ne suscitent que le mépris et la colère du peuple marocain. »

« […] Avec le même cynisme et la même désinvolture, faisant fi des fiascos et des crimes et de tous les régimes attachés à Moscou, ceux qui affirmaient naguère que le communisme est l’avenir de l’humanité, prétendent aujourd’hui détenir le monopole du coeur, de la justice et de l’humanisme. Voici donc le retour des « amis » des peuples dont l’amitié a surtout consisté depuis la fin de la seconde guerre mondiale à parcourir les rengaines idéologiques et de prosterner devant toutes sortes de despotes. Les « amis » des peuples n’ont été que ceux de Staline, de Mao, de Hôchi Minh, de Honecker, de Hodja, de Pol Pot et de Ceaucescu. Tous des tyrans obscurantistes et sanguinaires. Des peuples du Tiers Monde et des anciens pays communistes « Frères », ils n’ont jamais connu que les femmes de chambres des grands hôtels, les garçons de restaurant et les guides flics du ministère de la Propagande. Ils n’ont jamais rencontre librement les masses dont ils ont pourtant abondamment parlé, jamais côtoyé la réalité des régimes dont ils ont célébré les louanges, jamais sur quelles étaient la détresse des peuples et l’ampleur de la terrible répression. Ils ont été des aveugles par vocation. Mais cela ne les empêche pas de venir, une fois encore, berner l’opinion en prétendant donner des leçons, juger du bien et du mal et proclamer leur vérité. Ils devraient (re)lire la Fontaine, « la paille et la poutre » »

« Garante de la foi, de la cohésion nationale, de la culture, de l’unité et de l’intégrité de la patrie, la monarchie marocaine a vocation à se ressourcer continuellement dans les profondeurs du peuple. Si des esprits pervertis, aux ambitions mesquines et toujours enclins à prendre leurs modèles à l’étranger, détournent un instant l’État de ses devoirs, le roi, seul fort protégeant les petits, redresse la barre. En 1956, après l’indépendance, le prince héritier Moulay Hassan lançait un appel aux jeunes Marocains: qu’ils se joignent à lui pour construire à travers le pays, les campagnes, les montagnes et les fleuves, la route de l’unité qui réunirait le territoire libéré par la France aux zones encore sous domination espagnole. En mars 1961, le jeune prince succède à Mohammed V sur le trône et il invite son peuple à poursuivre ensemble l’aventure, toujours exaltante, de la nation en mouvement. Trente ans ont passé. Le roi n’a jamais perdu le contact avec le peuple et à chaque moment grave de l’histoire moderne du pays, il a su renouveler le pacte qui unit la monarchie et les Marocains. Ce fut le cas, en particulier, lors de la « Marche Verte » de 1975, quand il fit appel au peuple pour recouvrer pacifiquement la province saharienne. Tout devient possible quand le roi et le peuple unissent leurs efforts pour une grande cause. Face à un nouvel assaut de ses adversaires les plus constants, face aux menaces qui s’amoncellent sur la nation arabe, face aux calculs des apprentis-sorciers qui rêvent de modeler leur nouvel ordre du monde, au mépris de la volonté et des libertés des peuples, le Maroc doit rester inébranlable. Pour cela, il faut retrouver l’esprit de la « Marche Verte » pour qu’une fois encore la communion entre le roi et le peuple garantisse l’avenir de la nation. »

Edouard Moha, Les « amis » des peuples | Jean Picollec | 1991| ISBN 2864771179| 201 pages |

Publicités