Helen Keller (sourde, muette, et aveugle): Ma religion


1.  » Dans les champs et les bois, je sentais un ordre et une continuité qui m’intriguaient, en même temps que j’observais une certaine confusion dans les éléments de la nature qui, par moments, me terrifiaient. Je ne pouvais comprendre pourquoi ni comment les tremblement de terre, les inondations ou les cyclones pouvaient détruire, sans aucun discernement, ce qui était beau comme ce qui était laid, ce qui était utile comme ce qui était nuisible, et les bons comme les méchants, comment se pouvait-il que des forces aussi aveugles et irresponsables puissent créer et perpétuer la vie, renouvelant toujours ce qu’elles avaient détruit, ramenant sans cesse, et avec une précision mathématique, le printemps, l’été, l’automne et l’hiver, le temps des semailles et celui des moissons, le jour et la nuit, les marées et les nouvelles générations parmi les hommes ?
Quoi qu’il en soit, je concluais que la nature ne se préoccupait pas d’avantage de moi ou de ceux que j’aimais que d’une feuille ou d’une mouche, et cette pensée fit naître en mon esprit une sorte de ressentiment, peut être cette noble inspiration qui incite l’âme à proclamer ses droits et lui fait déclarer qu’elle a pour prérogative de dominer le cours des choses et des événement.  »

2.  » La vie est plus cruelle que la mort; elle divise et sépare, tandis que la mort qui, à vrai dire, est la vie éternelle; réunit et réconcilie. Je crois que lorsque mes yeux spirituelles s’ouvriront à la vie à venir, je me trouverai simplement en possession de tous mes sens, dans ma vraie patrie. Infatigablement ma pensée s’élève au-dessus de mes yeux qui m’ont trahit et poursuit sa vision au delà des limites terrestres. »

3.   » Ceux qui possèdent tous leurs sens sont en général trop bien pourvus, trop superficiellement heureux pour chercher et trouver. »

4.  « Je sais une chose c’est que j’étais aveugle et que maintenant je vois. »

5.   » Hans Aderson, dans l’un de ses charmants contes, nous parle d’un jardin où les arbres géants avaient été plantés dans des pots trop petits pour les contenir. Leurs racines étaient cruellement resserrées et pourtant cas arbres s’élancèrent tout droit vers la lumière, déployant au loin leurs branches vigoureuses et répondant autour d’eux la richesse de leur floraison, rafraichissant même de leurs fruits dorés les mortels fatigués. Tous les oiseaux du ciel. »

6.   » A plusieurs reprises, je me perdis dans la nuit et dans l’incertitude; j’essayai de parcourir par la pensée le chemin qui devait relier cette lumière, ineffablement rassurante, au chaos et aux ténèbres de la nature, si incontestablement réel  » 
Helen Keller. Ma religion. Paris: Librairie Fischbacher. 1931.

Never bend your head. Always hold it high. Look the world straight in the eye…

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