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Le héros oublié de Henrik Tikkanen

juin 20, 2010 2 commentaires

Prémonition de la guerre civile, 1936. Salvador Dali

Dans le héros oublié, Henrik Tikkanen dénonce l’absurdité de la guerre au travers l’histoire du soldat Viktor kappara, perdu pendant trente ans dans les terres désolées aux confins de la Finlande et de l’URSS a continué une guerre qu’il ne savait pas terminée. On ne peut s’empêcher en lisant ses aventures de penser au brave soldat Chveik. Tous deux sont d’une bêtise confondante pour ceux qui les approchent, décapante et par-dessus tout d’une irrésistible drôlerie…

« Le militarisme est l’art de faire régner la discipline. Sans discipline il n’est pas possible de faire la guerre. La base de la guerre, ce sont les ordres. Les ordres sont faits pour être obéis et ne peuvent être discutés. C’est pourquoi l’obéissance est la première vertu en temps de guerre. Et, bien qu’elle soit très largement répandue, il arrive qu’elle atteigne des sommets vertigineux et cause des cas de sainteté militaire. »

« Victor Kappara, le soldat qui ne mit jamais en question l’ordre qu’il avait reçu, et ne douta jamais du bien-fondé de cet ordre, était l’un de ces saints. C’était un saint finlandais car la Finlande est une excellente terre nourricière pour les saints militaires, tout comme l’Italie pour les saints religieux. Cela vient du fait que les Italiens sont de piètres soldats et se fient plus à Dieu qu’aux généraux, alors que c’est l’inverse en Finlande.On a aussi avancé que les généraux italiens sont moins bons que les finlandais et que c’est la raison pour laquelle Dieu préfère leur donner son appui. »

« Il arrive à tout soldat de penser à une médaille, de même qu’il lui arrive de penser à un ventre de femme; mais, la plupart du temps, il pense à la mort et aux moyens de l’éviter. Or, pendant la guerre, ce n’est pas chose facile que de rester en vie. Lors des attaques il se produit bien des pertes humaines, même si celles-ci valent aux intéressés de passer à la postérité, et lorsqu’on s’enfuit on court toujours le risque d’être abattu par ses propres chefs, ou fusillé un peu plus tard, dans les deux cas sans aucune compensation du côté de la postérité. C’est pourquoi le soldat avisé s’efforce de rester là où il est et espère n’être obligé ni d’avancer ni de battre en retraite, préférant que ce soit le champ de bataille qui se déplace. Avec un peu de chance, cela peut arriver. »

« Un pays libre est un pays où tu peux faire ce que tu veux. Un pays où tu n’es pas obligé d’habiter dans les mêmes quartiers que les richards et où tu n’es pas obligé de mettre tes enfants dans des écoles où ils apprennent à parler en se donnant airs, de sorte que leurs parents ne comprennent plus ce qu’ils veulent dire. Un pays libre est un pays où un pays où rien ne change et où chacun sait tenir sa place. »

« Tout le monde était prêts aux sacrifices: ceux qui possédaient le moins avaient tour sacrifié, ceux qui possédaient un peu plus avaient donné beaucoup et ceux qui possédaient le plus s’étaient sentis obligés de donner un petit quelque chose pour ne pas tout perdre. »

« C’est étonnant comme les idées peuvent devenir claires quand on boit, se dit l’adjudant. On voit exactement les choses comme elles sont et ce qu’il faut faire mais quand, ensuite, on revient à la raison on se rend compte que c’est impossible. D’ailleurs, les capitalistes emploient eux aussi l’expression « revenir à la raison » lorsque les travailleurs cèdent et acceptent leur misère. »

« Chère maman, j’ai tué deux ennemis. Ce sont les premiers êtres humains que j’ai tué deux ennemis. Ce sont les premiers êtres humains que j’ai tués. Tout d’abords, je n’ai rien ressenti, mais ensuite j’ai mis longtemps avant de m’endormir. Dès que je fermais les yeux, je les voyais; tuer des gens, c’est vivre pour toujours avec eux. Si j’avais su cela, je ne les aurait pas tués… »

« La volonté de défense est quelque chose de tout à fait différent du désarmement, des traités de paix, des pactes de non-agression et des accords sur l’intégrité des territoires et sur la souveraineté nationale. La volonté de défense est une plante fragile qui, bien soignée, doit pouvoir croître et embellir, même dans le terreau le plus pacifique, et finir par donner de beaux fruits sous la formes d’armes automatiques, de tanks, et d’avions de chasse. »

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