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Khalil Gibran – Le Prophète

août 29, 2010 7 commentaires

Le prophète avait été , et demeurait, un extraordinaire phénomène d’édition, et qu’après avoir conquis les États-Unis, il commençait à connaitre, en France, et ailleurs, une vogue similaire. Cette vogue ne devait pas se démentir. Elle continue aujourd’hui de plus belle, et paraît même s’amplifier. Je ne connaît pas d’autre exemple, dans l’histoire de la littérature, d’un livre qui ait acquis une telle notoriété, qui soit devenu une petite bible pour d’innombrables lecteurs, et qui continue cependant à circuler en marge, comme sous les manteaux, faudrait-il dire, mais sous le manteau quand même, comme si Gibran était toujours un écrivain secret, un écrivain honteux, un écrivain maudit… Amin Maalouf

« Vous donnez bien peu lorsque vous donnez de vos biens. C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez vraiment. Car que sont vos biens sinon des choses que vous gardez et surveillez, de crainte de vous trouver demain dans la misère? Et demain, qu’apportera demain au chien tellement prudent qu’il enterre sans repères des os dans le sable, tandis qu’il suit les pèlerins vers la ville sainte? Et qu’est-ce que la crainte de la misère sinon la misère elle-même? La peur de la soif quand votre puits est plein, n’est-ce pas une soif inextinguible? Il y a ceux qui ont beaucoup et qui donnent peu et comme ils attendent de la reconnaissance, ce désir caché dégrade leurs dons. Et il y a ceux qui ont peu et qui donnent tout. Ceux-ci ont foi dans la vie et dans la générosité de la vie, et leur coffre n’est jamais vide. il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense. »

« Il est bon de donner quand on le demande, mais il est encore mieux de donner par discernement, quand on ne le demande pas; et pour la main ouverte, chercher celui qui recevra est une plus grande joie que de donner. Et que pourriez-vous refuser? Tout ce que vous avez, sera donné un jour; donnez donc maintenant, afin que le moment de donner soit le vôtre et non celui de vos héritiers. »

« Vous travaillez pour marcher d’un même pas avec la terre et l’âme de la terre. Car rester oisif c’est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession de la vie qui avance vers l’infini avec majesté et une orgueilleuse soumission. Lorsque vous travaillez, vous êtes une flûte au coeur de laquelle le murmure des heures se change en musique. Qui de vous se voudrait roseau, muet et silencieux, quand tout chante à l’unisson? »

« Le travail est l’amour rendu visible. Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec dégoût, il vaut mieux quitter votre travail et vous asseoir à la porte du temple et accepter l’aumône de ceux qui travaillent avec joie. Car si vous cuisez le pain avec indifférence, vous cuisez un pain plus amer qui ne satisfait qu’à moitié la faim de l’homme. »

« Plus la tristesse creusera profond dans votre être, plus vous pourrez contenir de joie. La coupe qui a été cuite dans le four du potier? Et le luth qui apaise votre esprit n’est-il pas fait justement d’un bois évidé avec des couteaux? Lorsque vous êtes joyeux, regardez au plus profond de votre coeur et vous découvrirez que c’est seulement ce qui vous a donné de la tristesse qui vous donne de la joie. Lorsque vous serez envahi de tristesse, regardez de nouveau dans votre coeur, et vous verrez qu’en vérité vous pleurez pour ce qui avait fait vos délices. »

« Vos vêtements dissimulent beaucoup de vos grâces mais ne cachent pas vos disgrâces. Et bien que vous cherchiez dans vos vêtements une intimité sans entraves, vous y trouverez peut-être une chaîne et un harnais. Puissiez-vous laisser plus de votre peau et moins de vos habits aller à la rencontre du soleil et du vent. Car le souffle de la vie est dans la lumière du soleil et la main de la vie est dans le vent. »

 » Ne dites pas, « j’ai trouvé la vérité » mais plutôt, « J’ai trouvé une vérité ». Ne dites pas, « J’ai trouvé le chemin de l’âme ». Dites plutôt, « J’ai trouvé l’âme qui passait sur mon chemin ». Car l’âme ne va pas en droite ligne, ni ne croît comme un roseau. L’âme s’épanouit, comme un lotus aux pétales innombrables. »

« Quand votre ami parle avec franchise, vous ne craignez pas le « non » ni ne retenez le « oui » qui vous vient à l’esprit. Et quand il garde le silence, votre coeur ne cesse pas d’écouter son coeur; car en amitié toute pensée, tout désir, toute attente naissent et se partagent sans un mot, avec une joie secrète. Lorsque vous vous séparez de votre ami, vous ne souffrez pas; car ce que vous aimez le plus en lui peut vous apparaître plus distinct en son absence, de même que pour le grimpeur, la montagne est plus distincte vue de la plainte. Et en amitié, n’ayez d’autre but que l’approfondissement de l’esprit. Car l’amour qui cherche autre choses que la divulgation de son propre mystère n’est pas de l’amour mais un filet jeté à l’eau: et seul l’inutile est pris. »

« Et que le meilleur de vous-même soit pour votre ami. S’il doit connaître le reflux de votre marée, qu’il en connaisse aussi le flux. Car quel ami serait-ce si vous le cherchiez pour quelques heures à tuer? Rechercher-le toujours pour quelques heures à vivre. Car son rôle est de combler votre besoin, et non votre vide. Et que dans la douceur de l’amitié, il y ait des rires et un partage des plaisirs. Car c’est dans la rosée des petites choses que le coeur trouve son matin et se rafraîchit. »

« Aimez-vous l’un l’autre, mais de l’amour ne faites pas des chaînes: Qu’il soit plutôt une mer se mouvant entre les rives de vos âmes. Remplissez vos coupes l’un pour l’autre mais ne buvez pas dans une seule coupe. Donnez-vous du pain l’un à l’autre mais ne mordez pas dans le même morceau. Chantez et dansez ensemble, et soyez joyeux, mais que chacun puisse être seul, comme sont seules les cordes du luth alors qu’elles vibrent d’une même musique. »

« Quand l’amour vous fait signe de le suivre, suivez-le, bien que ses chemins soient rudes et escarpés. Et lorsqu’il vous étreint de ses ailes, abandonnez-vous, bien que l’épée cachée sans ses pennes puisse vous blesser. Et quand il parle, croyez en lui, bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste le jardin. »

« Ne pensez pas que vous pourrez diriger le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve dignes, dirigera votre cours. »

Le Prophete [9782070384808] – 80,00Dhs : LivreMoi.ma, Votre Librairie au Maroc.

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Vos enfants ne sont pas vos enfants

avril 9, 2010 2 commentaires

The Child's Bath by Mary Cassatt, 1893.

 » Et une femme qui tenait un bébé sur son sein dit, parle-nous des enfants. Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants. ils sont fils et filles du désir de vie en lui-même. Ils viennent par vous mais non de vous, et bien qu’ils soient avec vous, ce n’est pas à vous qu’ils appartiennent.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leurs corps mais non leurs âmes, car leurs âmes habitent la demeure de demain, que vous ne pouvez vous efforcer de leur ressembler, mais n’essayez pas qu’ils vous ressemble. Car la vie ne retourne pas en arrière ni s’attarde à hier. Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants telles des flèches vivantes. L’archer voit la cible sur le chemin de l’infini, et il vous courbe avec toute sa force pour ses flèches aillent vite et loin. Que cette courbure, dans les mains de l’archer, tende à la joie; car comme il aime la flèche qui vole, il aime aussi l’arc qui est stable.  »  Le prophète de Khalil Gibran

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