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Archive for the ‘Mistinguett’ Category

Mistinguett, la reine du music-hall

janvier 19, 2011 1 commentaire

Je suis Mam’zelle sans façon,
Je rigole, je batifole,
Et j’adore le rigodon…

« L’orchestre, qui jouait en sourdine, attaque de tous ses archets et de tous ces cuivres. Les projecteurs se concentrent en haut de l’escalier, vont chercher une femme vêtue de tulle et de perles et que couronne une immense auréole d’aigrettes roses. La femme descend ; elle a l’aisance et le sourire, et elle a aussi le ravissement. Nulle fierté empruntée, nulle distinction de commande, nulle froideur et nulle pose, mais un surprenant naturel, une simplicité inimitable, la grâce d’une parisienne aimant les hommages et une joie immense, une joie neuve et comme donnée, une joie immense, une joie du cœur au visage, une joie persuasive qui gagne la salle entière, d’où l’ovation jaillit en hommage à l’étoile dont le sourire sous l’émoi s’attendrit. Ce n’est rien et c’est une merveilleuse réussite. C’est un instant, mais cet instant résume le music-hall. C’est un instant de charme sensible, de panache et de gentillesse, c’et une entrée de Mistinguett. »


Traduite dans une dizaine de langues, « Mon Homme » fera le tour de la terre, sans parvenir à épuiser son succès. Elle contribuera à faire de la gosse de paris, de la môme Mistinguett, une vedette internationale.


« Un soir, aux Folies Bergères, elle aperçoit, au deuxième rang, un homme d’un age vénérable, accompagné d’une toute jeune personne dont il serre amoureusement la main.
— Bravo, monsieur, c’est gentil de sortir votre petite fille ! lui lance-t-elle.
Puis, à la petite-fille en question :
— Et vous, mademoiselle, surtout veillez bien sur votre pépé. A son age, on prend vite froid. Attention quand, tout à l’heure, vous le raccompagnez à l’hospice !
Un autre soir, au casino cette fois, l’inverse qui se produit : une dame d’un age certain est accompagnée d’un jeune homme au teint basané. Voilà qui fait dire à Mistinguett : — Madame, je parie que ce monsieur arrive de l’Argentine. Vous avez raison de l’avoir choisi, c’est là-bas qu’on trouve les meilleurs gigolos! »


« Elle est de la race animale, qui ne doit rien à l’intellectualisme, Mistinguett est la vie même, une force instinctive plus lumineuse que l’intelligence et le savoir ; elle exprime une poésie involontaire… les larmes me montaient à entendre cette voix, cette voix mise de longue date à l’école des cris de la rue et des marchands de journaux, cette voix pour se plaindre, cette voix qui est au autre regard de cette figure construite pour les taloches… » écrit Jean Cocteau


Dans le cœur de Mistinguett, le roman d’amour qui la lie à Maurice Chevalier ne s’achèvera jamais. Il demeura vivace jusqu’à son dernier souffle. Elle avait contribué, elle, la gosse du faubourg, à lui enseigner une tenue, un comportement plus en rapport avec le rang auquel il aspirait. Sans chercher à lui faire renier ses origines, elle effaça chez lui certains tics, certaines attitudes…

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