La terre en devenir de Leonardo Boff

Gelber Kreis by Wassily Kandinsky

Nous vivons des temps difficiles. C’est pour cela qu’ils sont féconds. Au cours des cinq dernières années, la carte politique et idéologique du monde a changé. Des structures se sont écroulées et avec elles de nombreux schémas de pensée. Les rêves ont subsisté. Comme ils font partie intégrante de l’être humain, ils survivent toujours. Ils engendrent des conceptions nouvelles et l’enthousiasme nécessaire à la pensée et à la créativité. Mais en dehors du rêve, il y a la souffrance. Nombreux sont ceux qui perdent de vue l’étoile qui les guide. D’autres sont détruits de l’intérieur, incapables de comprendre l’anéantissement des idées généreuses. Ils ne vivent que parce qu’ils ne meurent pas, et en eux-mêmes se dessèchent les sources de l’espoir. La souffrance fait méditer, plus que l’émerveillement…

« L’être humain peut être un ange gardien ou le diable sur terre. La terre saigne, particulièrement à travers l’être le plus singulier, l’opprimé, le marginalisé et l’exclu, car tous ceux-là composent les grandes majorités de la planète. C’est en se basant sur eux que l’on doit penser l’équilibre universel et le nouvel ordre écologique mondial. »

« D’un point de vue écologique, tout ce qui existe coexiste. Tout ce qui coexiste à travers une toile interminable de relations inclusives. Tout se trouve en relation. Hors de la relation rien n’existe. En réaffirmant l’interdépendance de tous les êtres, l’écologie reconnaît une fonction à toutes les hiérarchies et renie le droit du plus fort. Tous les êtres possèdent leur autonomie; rien n’est superflu ou marginal. »

« Quand le dernier arbre aura été abattu, lorsque la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été capturé, c’est alors que nous nous rendrons compte que l’argent ne se mange pas. »

« Nous avons tous besoin de nourrir notre psyché; il est impossible de trouver ces aliments dans les habitations urbaines, où n’existe aucune tache verte, d’herbe, de fleurs, d’arbres; nous devons être reliés à la nature; il nous faut nous projeter sur ce qui nous entoure; mon moi n’est pas confiné au corps; il s’étend à toutes les choses que j’ai faites et à tout ce qui m’entoure; sans ces choses, je ne serais pas moi-même, je ne serais pas un être humain. Tout ce qui m’entoure est une partie de moi-même. »

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